Cette page sera l'endroit où la direction de l'école pourra laisser libre cours à ses idées:  des textes lus, des idées, des réflexions, des griefs parfois aussi (car ça fait du bien), ses interrogations, ses questionnements, ses victoires... Bref, vivre l'année scolaire du dirlo à travers cette page...Vivre l'école de l'intérieur avec le regard de celui qui en a la responsabilité...Tous les 15 jours, une réflexion, un point de vue,etc....

 Quels mouvements pédagogiques je défendrais si j’avais totale carte blanche ?

Prenez des écouteurs, affalez-vous dans le canapé avec une lumière tamisée et  plongez-vous dans l’univers  de « The white buffalo » (You tube, Deezer, …).  Ou encore un bon Tom Waits, tiens…Musique qu’il faut pour lire cette chronique. Certains morceaux « unplugged » sont vraiment magnifiques.

Avant de me lancer dans cette chronique, je dois préciser certaines choses. Imaginez donc que j’ai totale carte blanche pour créer et organiser une école selon mes idées, selon ce que je défends et évidemment, nerf de la guerre oblige, j’ai l’argent qui va avec ! Evidemment. (J’ai soumis mon projet à des investisseurs luxembourgeois et ils ont répondu favorablement à ma demande Voici ce que je défendrais  comme  mouvements psychologiques que dans mon école de rêve….) Cette chronique va vraiment me plaire !Voici ce que je défendrais  comme  mouvements psychologiques que dans mon école de rêve…

-Le premier est sans aucun doute le socioconstructivisme : Apprendre, c’est échanger !

Qu’est-ce que c’est et que défend-il ?

 Il faut  d’abord  remonter du temps d’un certain Jean  PIAGET qui invente et qui construit, sur base de nombreuses recherches et études, un mouvement appelé  le constructivisme : apprendre c’est construire.

Voici donc les principales idées de PIAGET :

PIAGET a étudié les phases du développement cognitif de l’enfant. Pour lui  ce développement est toujours à mettre en relation dans l’interaction  entre l’individu et son milieu, l’inné et l’acquis. L’individu construit des « schèmes »(images mentales de la réalité).

1 ° Il défend l’apprentissage spiralaire. Chaque enfant arrive avec un bagage (inné). Il faut en prendre conscience et lui proposer des difficultés adaptées à ses stades d’apprentissages pour l’amener un peu plus loin(acquis). Ce qu’il appelle le principe d’accomodation/assimilation.  Les élèves sont considérés comme des acteurs actifs cherchant du sens, de la signification dans toutes choses. (Voir chroniques précédentes, vous ferez des liens avec ce que j’ai écrit). Un peu quand je monte un escalier, marche après marche.

2° Les mises en pratiques, les expérimentations remplacent les manuels scolaires. Les élèves sont donc amener à expliquer leur raisonnement, à  réfléchir sur ce qu’ils ont fait. (Tout en gardant un manuel pour certaines choses pour moi).

3° Chaque question en amènera d’autres auxquelles il faudra donner à nouveau du sens. (C’est le principe de l’apprentissage spiralaire. J’apprends des choses mais ce que j’ai appris me permet de me poser d’autres questions et donc un nouvel apprentissage.

4° Les évaluations sont basées sur la qualité de restitution de leurs apprentissages, de ce qu’ils ont retenu.

Par contre PIAGET a été critiqué car il avait oublié la dimension sociale et un de ses plus gros « détracteurs » était un certain Lev  VIGOTSKY qui lui va reprendre le constructivisme et va ajouter la dimension sociale :   le socioconstructivisme.

 Led VIGOTSKY a émis l’hypothèse que les interactions entre les enfants étaient particulièrement importantes.  Les apprentissages , l’appropriation des connaissances sont  directement issus des rapports sociaux. Donc, dans les apprentissages les enfants sont amenés à confronter leurs recherches aux autres, en leur expliquant leurs démarches et en écoutant la démarche de l’autre. Ce qui va permettre soit de conforter l’apprentissage, soit de se remettre en question parce que l’autre va apporter des données supplémentaires, une autre approche plus facile peut-être,… . Mais pour moi ce mouvement psychologique serait une pierre d’achoppement de mon école.

-Le deuxième est le courant de recherche scientifique endossant l’hypothèse selon laquelle la pensée est analogue à un processus de traitement de l’information : Le cognitivisme : apprendre, c’est traiter l’information. Il me faut résumer et vous proposer des idées simples et claires. On se base ici sur le fait que chaque apprenant a des états mentaux différents.

Le cognitivisme est né en même temps ou presque que l’informatique. Ici, on s’intéresse principalement à l’analyse et à la compréhension des processus de traitement de l’information. On insiste ici sur l’importance fondamentale qu’ont les connaissances antérieures (TARDIF J). Les chercheurs distinguent trois types de connaissances : déclaratives(Quoi ?) – procédurales( Comment ?)- connaissances conditionnelles (Pourquoi ?). Ces trois types de connaissances mais essentiellement la 3e permettent d’effectuer des transferts. Transférer ce que j’ai appris dans d’autres situations.

Et donc il faut arriver à stimuler l’apprenant en fonction de son  état mental (la motivation intervient ici), trouver les moyens pour le faire apprendre. Surtout que cet état mental est à mettre en relation avec les autres et l’environnement. Il va aller chercher les stratégies mises en place qui vont viser à organiser la pensée de manière efficace et autonome. L’affectif, ici, va prendre tout son sens.

-Le troisième est  un ensemble de choses ou plutôt une sorte de mouvement  global  basé sur les dernières recherches : les sciences cognitives : Comment j’apprends.

Elles cherchent à déterminer :

-Comment un système humain et animal  ou artificiel acquiert des informations sur le monde dans lequel il se trouve.

-Comment ces informations sont représentées et transformées en connaissances.

-Comment ces connaissances sont utilisées  pour guider son comportement et son attention.

Elles rassemblent principalement les contributions de plusieurs disciplines comme la psychologie cognitive, la linguistique, les neurosciences et la philosophie.

Je pense très sincèrement que ces différentes disciplines sont particulièrement importantes avec certainement une importance dédiée aux neurosciences, qui va aller étudier les connexions neuronales du cerveau, étudier ce qui se passe dans le cerveau quand on réfléchit. Quelles sont les zones du cerveau utilisées dans les mémoires, le langage ? Quel chemin prend une information quand j’apprends ? Est-il toujours le même ? Que se passe-t-il alors ? Etc etc…

Voilà donc finalement ce qui deviendrait la base théorique de mon école, les fondements de base si j’avais totale carte blanche. Evidemment, cela représente un échantillon. Si je devais m’étendre sur ces idées, il me faudrait quantité de pages pour ne rien oublier.

Dans la prochaine chronique je développerai mon idée de l’organisation scolaire parfaite pour moi si j’avais aussi carte blanche et plein d‘investisseurs fortunés.