Cette page sera l'endroit où la direction de l'école pourra laisser libre cours à ses idées:  des textes lus, des idées, des réflexions, des griefs parfois aussi (car ça fait du bien), ses interrogations, ses questionnements, ses victoires... Bref, vivre l'année scolaire du dirlo à travers cette page...Vivre l'école de l'intérieur avec le regard de celui qui en a la responsabilité...Tous les 15 jours ou trois semaines, une réflexion, un point de vue,etc....

Une leçon parfaite, finalement, qu’est-ce que c’est ?

C’est déjà ce que cherche chaque enseignant au moins plusieurs fois dans sa vie professionnelle. Du moins, c’est mon cas, et je l’espère aussi pour mes collègues.

Pour parler de la leçon parfaite, je dois vous parler de différentes choses qui doivent être mises en place en amont. Je vais vous parler des prescrits légaux, je vais vous parler de ma manière d’aborder et de préparer une matière puis de ma manière personnelle de préparer mon journal de classe. Nous pourrons alors entrevoir ensemble l’idée de la leçon parfaite !

1° Les prescrits légaux :

Chaque enseignant doit tenir à jour un journal de classe. Il s’agit d’une circulaire, baptisée communément « Circulaire Nollet », relative aux documents de la préparation des cours. Voilà un extrait :

Les documents de préparation écrits comprendront deux types d’information :

• Des informations de type « calendrier » précisant quelle activité est programmée à quel moment, il s’agit ici de dire « ce que l’on prévoit de faire à tel moment de la journée »;

• Des informations, d’ordre davantage pédagogique, précisant :

 L’intention pédagogique ou autrement dit « pourquoi on mène cette activité » ;

 La situation de départ ou « par quoi l’activité va commencer » ;

 Les étapes principales de l’activité.

Circulaire laissant libre cours à la créativité de chaque enseignant mais aussi à l’interprétation et de l’inspection et de la direction de l’école qui est la garante finalement de la bonne tenue d’un JDC (Journal De Classe).

2° Comment je vois les choses :  trois étapes essentielles selon moi.

A° -La première chose à faire est un plan de chaque matière sur l’année scolaire complète : Lire le programme du réseau libre, en relation avec les socles de compétences (Ce sont les compétences de base que tout élève doit acquérir). Le socle est commun à tous les réseaux. Mais chaque réseau a en plus son propre programme. Cela permet d’avoir des repères, où je dois commencer et où je dois finir. On se base aussi sur ce qui a été fait l’année précédente par le titulaire et nous continuons ce qu’il n’a pas fini. Par exemple, je vais m’occuper d’une classe de 5e, je regarde où le titulaire de 4e est arrivé. Il m’a transmis ce qu’il a fait. Cela se fait dans toute l’école, vers fin juin. Chaque titulaire transmet à celui qui va suivre ce qu’il a fait ou pas.

B° Quand le plan d’année est fait, on peut organiser la semaine. Je parle ici des titulaires à temps plein qui donnent tous les cours. Nous devons donc organiser les diverses « matières » (appelées compétences d’intégration). Cela permet de visualiser le tout et de ne rien oublier.

C° Je peux donc organiser mon journal de classe journalier et préparer mes leçons. Je vais parler ici de mon cas personnel quand j’étais encore instituteur à temps plein. Voilà comment je m’organisais et comment je m’organise encore pour les cours que je donne.

Prenons donc un exemple concret : Voici comment se présente la feuille ou maintenant la page d’ordinateur que je prépare :

 

Lundi 2 septembre 2020.

  Classe de 5e année. 8h30-9h20.

-Compétence d’intégration :  La compétence d’intégration situe la matière que je vais travailler. Savoir écrire : 3. Expression écrite.

-Compétences spécifiques :  Les compétences spécifiques sont nombreuses. Nous pouvons en travailler une, deux même trois.  Compétence 3.1 : Orienter son écrit en fonction de la situation de communication. Travail spécifique sur la 3.1.1. En tenant compte des critères suivants : l’intention poursuivie et le projet, le contexte de l’activité.

-Objectif de la séquence : Ici, je spécifie à quoi je m’attends à la fin de la séquence ou de plusieurs séquences. C’est-à-dire le temps que j’estime pour travailler la compétence spécifique. A la fin de la séquence, l’enfant sera capable de discerner une lettre de demande d’une lettre de remerciement.

-Déroulement : Ici, j’écris ce que je vais demander aux élèves de faire et les différentes étapes. Les différentes tâches. Si je vais les faire travailler individuellement ou en groupe. Ce que je vais utiliser comme support aussi : travail sur feuille, mise en commun au groupe, au tableau, comment je vais organiser ma synthèse, etc etc…

 

Et je fais cela pour chaque activité, chaque séquence de travail. Vous remarquerez donc que l’enseignant a un gros travail de préparation à faire. Et donc, quand notre face à face pédagogique est fini, nous avons encore du boulot après 16h00. Si nous voulons que notre travail soit impeccable, évidemment !

Avec « la bouteille », l’expérience, cela va plus vite évidemment. Mais je me souviendrai toujours de ma maman, qui même en fin de carrière, travaillait encore tous les soirs jusque 23h00 pour remettre au goût du jour ses préparations. Et qui, chaque année en juin, jetait son journal de classe pour en recommencer un nouveau en septembre. J’ai gardé cette habitude. Je recommence un nouveau JDC chaque année, remettant au goût du jour mes préparations en fonction de ce qui a bien fonctionné ou pas, de ce que l’on a appris en formation, de ce que j’ai vu chez les instituteurs/trices aussi pour  m’améliorer encore et toujours.

 

Nous pouvons donc maintenant établir une sorte de conclusion qui évidemment va vous paraître claire, avec ce qui a été dit avant. Ce que je vais écrire ici n’engage que moi ! Ce n’est pas une vérité dogmatique mais c’est mon avis.

 

La leçon parfaite est celle que l’on n’attend pas, celle qui surprend.*

Nous touchons ici au « nirvana » de la pédagogie. Mais je dois m’expliquer :

**Les meilleures leçons sont certainement celles qui sont minutieusement préparées mais qui n’en ont absolument pas l’air. L’improvisation simulée demande une très grande maîtrise.

(* et **, Source : Michel Parys/ Haut-responsable à la fédération des parents du réseau libre/ Un ami.)

Et cela me semble évident. Il n’y a pas de place pour l’improvisation dans la préparation d’une classe. Être enseignant, cela ne s’improvise pas ! Préparer une leçon ne fait pas partie des compétences de n’importe qui. Une leçon, cela se pense, se réfléchit. Cela demande une formation de base importante, cela demande du travail, cela demande de l’expérience, cela demande de l’observation aussi et cela demande des questionnements permanents.

Un jeune enseignant va avoir besoin de confronter ses préparations à la classe qu’il va avoir en face de lui. Il aura besoin de «voir» si ce qu’il a préparé va coller, si ça va marcher, si les élèves vont bien comprendre ce qu’il va leur demander de réaliser, si ce n’est pas trop difficile ou trop facile… Et pour cela, il faut des années. Ce que l’on appelle dans le monde de l’enseignement « prendre de la bouteille ».

Et il n’y a qu’une seule chose qui fera en sorte que l’on évolue vers un mieux, ce sont des préparations impeccables ! Il n’y a pas de secret !

Car parfois, même si on a préparé une leçon de manière impeccable, même si on a pensé à tout, à chaque détail, à chaque temps, il nous arrive encore de nous planter et royalement ! Il suffit d’un petit grain de sable que nous n’avions pas vu arriver et patatra ! Je ris en vous écrivant cela. Car cela arrive même aux plus chevronnés… Et quelque part, c’est ce qui fait la beauté de notre métier : se tromper permet d’évoluer. Osons nous tromper joyeusement !

 

Et donc, la leçon parfaite, c’est quoi ?

C’est une leçon que l’on a préparée, qui a été réfléchie, pensée, de manière impeccable et qui ne se déroule peut-être pas exactement comme on l’aurait voulu mais qui va amener les élèves à réfléchir, à faire évoluer un savoir et à l’amener un peu plus loin. Une leçon parfaite, c’est quand un élève vient vous trouver et vous dit : Whouaw, là, on a appris quelque chose ! Là je sais comment faire pour écrire telle ou telle chose…

Une leçon parfaite, c’est quand vous vous dites : Yes ! Là, je suis fier de moi. J’ai la certitude qu’ils ont appris ce que je voulais.

Et je peux vous assurer qu’après avoir entendu cela des enfants, qu’après avoir pris pleine conscience de ce que nous avons réussi à faire, nous sommes prêts à remuer le monde pour encore faire mieux !